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Bodhidharma
C'est le moine indien Bodhidharma qui
"importa" la pratique de la méditation zen en Chine au Vème siècle de
notre ère. Il enseignait un zen dépouillé, mettant l'accent sur la
pratique, et non sur les cérémonies ou sur la théorie, comme il était de
coutume à l'époque. L'anecdote suivante concernant ce moine
intransigeant, fondateur du Ch'an (zen chinois) le montre.
Arrivé en Chine, Bodhidharma se présenta
devant l'empereur. Celui-ci lui demanda "J'ai fait ériger de nombreux
monastères, rassemblé des moines, fait traduire de nombreux sutras.
Quels sont mes mérites?" "- Aucun mérite. - Quelle est l'essence du
bouddhisme ? - Rien. - Qui es tu pour me dire cela ? - Je ne sais pas."
L'empereur ne sut quoi répondre. Il n'avait pas compris que Bodhidharma
venait de lui livrer l'essence même du bouddhisme. La théorie et les
cérémonies ne sont rien en soi. Seule importe la pratique de shikantaza.
Tel était le message de Bodhidharma.

Déçu par la façon dont le bouddhisme
était pratiqué en Chine, ou plus exactement, par le manque de pratique,
Bodhidharma se retira dans une grotte où il médita seul pendant neuf
années, refusant tout disciple. Un jour, un moine du nom de Eka vint lui
demander de l'accepter comme disciple. Bodhidharma commença par le
renvoyer. Eka attendit des jours dans la neige et finit par se trancher
le bras. Devant une telle détermination, le premier patriarche l'accepta
comme disciple. Plus tard, il le reconnut comme son successeur.
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