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Les
dits du bouddha, le Dhammapada, Éd. Albin Michel, Coll. « Spiritualités
vivantes », 2004, ISBN: 2226151729 La parole du bouddha. Le Dhammapada
(en Sanskrit : Dharmapada), dont le titre peut se traduire par « stances
du Dharma » ou « versets de la Loi », écrit en Pāli au IIIe siècle avant
J.-C., est un recueil de stances extraites des Suttas (en Sanskrit
Sūtras), discours que le bouddha est censé avoir prononcés deux siècles
plus tôt, au cours de son enseignement. Il constitue une sorte de
quintessence du Dharma du bouddha et donc l’un des textes les plus
importants du canon bouddhique. Dans ces 423 versets répartis en 26
chapitres, le lecteur a l’impression d’entendre parler le bouddha
lui-même, qui n’a rien écrit mais prêchait vraisemblablement dans une
langue vernaculaire de sa région, le māgadhī. Après sa mort, les sermons
ont d’abord été mémorisés et transmis oralement dans cette langue, puis
transcrits par écrit dans une langue proche, le Pāli. L’intérêt de cette
édition, traduite et commentée par le Centre d’études dharmiques de
Gretz, est de présenter pour chaque Sūtra l’original Pāli, la traduction
française et, chaque fois que nécessaire, un commentaire qui clarifie le
propos. On est frappé par la clarté, la concision, la poésie de ces
versets fondateurs. Intéressé aussi par la précision des commentaires
qui apportent au néophyte une discrète présentation des notions de base
du bouddhisme comme les dix liens, les quatre attaches, la vacuité, les
dix souillures du cœur, les quatre purulences, les sept facteurs de
l’éveil, le karma, les quatre degrés de libération, les quatre Nobles
Vérités, le Noble Sentier Octuple… Il m’a semblé intéressant, plutôt que
de les résumer longuement, de donner la parole au bouddha lui-même en
citant quelques-unes de ces stances. Elles pourront sans doute féconder
quelques enrichissantes réflexions :
« Il m’a maltraité, il m’a battu, il m’a vaincu, il m’a volé„ , la
haine de ceux qui chérissent de telles pensées n’est pas apaisée. »
« Par l’effort, l’ardeur, la discipline et le contrôle, que le sage
fasse pour lui-même une île qu’aucun flot ne pourra submerger. »
« Avant longtemps, hélas ! ce corps sera gisant sur la terre, jeté de
côté, dépourvu de conscience, comme une bûche sans utilité. »
« De même que sur un tas d’ordures, jeté sur la grande route, un
lotus charmant au doux parfum peut croître, de même parmi le rebut des
existences, un disciple du Pleinement Éveillé éclipse par sa
Connaissance transcendante les mondains aveugles. »
« ”J’ai des fils, j’ai des biens„ , ainsi le fou se tracasse. En
vérité, lui, lui-même n’est pas à lui ; à qui les fils ? à qui les biens
? »
« Peu parmi les hommes vont à l’autre rive, le reste des humains
court çà et là sur cette rive. »
« Meilleur que mille mots sans utilité est un seul mot bénéfique, qui
pacifie celui qui l’entend. »
« D’os est faite cette cité, habillée de chair et de sang. Là-dedans
sont déposés le déclin, la mort, la suffisance, le dénigrement. »
« La victoire engendre la haine, le vaincu vit dans la souffrance. Le
paisible vit heureux, abandonnant victoire et défaite. »
Shin Shu, pratiquant au dojo de Mons |