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Dalaï-Lama,
Le sens de la vie, Éd. J'ai lu, 2000, ISBN : 2290149772
« Réincarnation
et Liberté. »
Lorsqu’en 1989, le jury du Prix Nobel de la Paix décide de
récompenser le quatorzième Dalaï-Lama, Tenzin Gyatso, chef spirituel et
temporel du peuple tibétain, il motive ainsi sa décision : « Le
Dalaï-Lama, dans son combat pour la libération du Tibet, s’est toujours
opposé à l’usage de la violence. Au contraire, il a toujours choisi et
préconisé des solutions pacifiques fondées sur la tolérance et le
respect mutuel, afin de préserver l’héritage historique et culturel de
son peuple. » Publié en livre de poche en septembre 98, ce petit ouvrage
reprend la traduction française d’un cycle de conférences données à
Londres au printemps 1984 par celui qui, exilé en Inde depuis l’invasion
du Tibet par la Chine en 1950, est universellement reconnu comme l’un
des plus grands maîtres spirituels. Quelles que soient ses convictions
personnelles, le lecteur curieux y découvrira les bases de cette sagesse
qui anime une bonne partie du monde oriental, et qui se répand de plus
en plus dans un Occident déboussolé ; cette sagesse – le bouddhisme –
qui s'apparente plus à une philosophie qu'à une religion, et qui pose
les jalons d’un cheminement que chacun est libre d’entreprendre, de
projeter ou, simplement, de chercher à comprendre. Comment rester
indifférent à cette conception, par exemple, que les « trois poisons
mentaux » résident dans l'ignorance, l’aversion (la haine) et
l'attachement (principalement aux biens matériels) ? Comment refuser
l’idée que, de ces trois poisons, naissent des actes qui sont source de
souffrance pour celui-là même qui les pose, mais aussi, cela va de soi,
pour les autres ? Comment ne pas comprendre qu'à la source de ces «
poisons » règne l’ignorance, car l'ignorance de la nature réelle du moi
– forcément jumelée à l’exagération du moi, donc à l'égoïsme – entraîne
immanquablement ces maux dérivés que sont l’attachement et l'aversion ?
Comment ne pas être sensible à de telles réflexions : « Nos vies
commencent par la souffrance de la naissance et se terminent sur la
souffrance de la mort ; entre ces deux extrêmes, se produisent nombreux
les inconvénients de la vieillesse et d'autres événements pénibles. Il
est important de tenter de résoudre cette question : existe-t-il ou non
un remède à cet état habituel de souffrance ? » « Il me semble que la
relation entre matière et conscience est un domaine où la philosophie
orientale – la philosophie bouddhiste particulièrement – et la science
occidentale peuvent se rencontrer. Je pense que ce serait là un mariage
heureux, sans divorce ! Si des érudits bouddhistes (pas de simples
intellectuels, mais ceux qui ont une réelle expérience pratique de cette
philosophie) et des physiciens impartiaux pouvaient joindre leurs
efforts pour observer, étudier et engager des recherches plus profondes
dans le domaine des relations entre la matière et la conscience, nous
pourrions découvrir, avant le prochain siècle, de très belles choses qui
s'avéreraient peut-être utiles. Cela ne devrait pas être considéré comme
ressortant de la religion, mais simplement comme un élargissement de la
connaissance humaine. » « Imaginez, en face de vous, d'un côté votre moi
égoïste et de l'autre un groupe de pauvres gens sans ressources.
Vous-même, vous vous placez en imagination entre les deux, en tierce
personne neutre. Jugez alors ce qui est important : vous tourner vers
cette personne égoïste, individualiste, stupide, ou vers ces pauvres
sans ressources qui demandent de l'aide ? Si vous avez du coeur vous irez
naturellement vers ceux qui sont dans le besoin. » Vous souhaitez en
savoir plus sur ces six perfections que constituent générosité, éthique,
patience, enthousiasme, concentration et sagesse ? Lisez Le Sens de la
Vie. Ces trois heures de lecture n’auront pas été inutiles, même si vous
n’en retenez que ce petit conseil : « Aidez les autres si vous en êtes
capable, et sinon, évitez au moins de leur nuire »…
Shin Shu, Pratiquant au dojo de Mons |