



|
|
S.S.
le Dalaï-Lama, La compassion universelle, Coll. « Noms de
Dieux », Ed. Alice, 1999. ISBN 2-930182-13-X
« Noms de Dieux », une excellente émission de la RTBF au cours de
laquelle Edmond Blattchen propose à des personnalités aussi diverses que
Pierre Mertens, Colette Nys-Mazure, Edgar Morin ou Albert Jacquard de
dialoguer pendant une petite heure à propos de leur croyance – ou de
leur incroyance. Parmi les quelque quatre-vingts grands noms reçus par
Edmond Blattchen depuis 1992 figurent plusieurs figures importantes du
bouddhisme comme Jacques Brosse, Roland Rech ou Sa Sainteté le
Dalaï-Lama.
Le livre La compassion universelle transcrit
l’intégralité du dialogue enregistré le 9 juin 1994 au cours de
l’émission. Suivant la tradition, il se divise en cinq parties : le
titre, l’image, la phrase, le symbole, le pari.
Le titre : « Bouddha »
Le Dalaï-Lama a choisi pour titre le mot « Bouddha »
dans sa forme tibétaine. Selon lui, le Bouddha historique était à la
fois une forme humaine et un être d’une nature différente. Quant au
bouddhisme, il ne s’agit pas d’une religion si l’on définit ce mot comme
« une forme de foi fondée sur le concept d’un créateur ». Il s’agit
d’une tradition qui combine religion, philosophie et science de
l’esprit. Un humanisme en quelque sorte. Son but ultime est la
réalisation de l’« État-de-Bouddha » grâce à la méditation, à la
purification de soi-même.
L’image : « La Terre est notre mère »
L’image choisie par le Dalaï-Lama pour illustrer son
propos est une photo de la Terre vue de l’espace. Il est très important,
selon lui, d’avoir une vue juste de la Terre. C’est une question de
survie. Le concept bouddhiste d’interdépendance peut nous y aider. Du
point de vue de l’écologie comme de celui de l’économie, les structures
contemporaines dépassent les frontières nationales. Dès l’origine, le
bouddhisme s’est préoccupé des arbres, de la nature, des animaux les
plus petits. La responsabilité de l’homme envers la Terre-Mère est
immense.
La phrase : « Om mani padme hum »
Au sens restreint, ce mantra tibétain est une sorte de
prière au Bouddha ou à un bodhisattva. Au sens large, ce groupe de
syllabes porte le double symbole du chapelet et du lotus. Chapelet,
symbole d’une compassion pareille à un joyau ; lotus, symbole de
sagesse, de connaissance juste et claire. Ces deux facteurs doivent se
combiner pour nous permettre d’approcher l’idéal du bodhisattva de la
compassion, Avalokiteshvara ou Tchenrézi, le protecteur du Tibet. Quant
au Dalaï-Lama, il se considère comme un simple moine même s’il lui
arrive parfois de ressentir une sorte de lien karmique avec les lamas
qui l’ont précédé.
Le symbole : « La fleur de lotus »
Dans la tradition indienne, le lotus symbolise la
pureté car, bien qu’il naisse dans la boue, il n’est pas souillé par la
boue. Il représente aussi la compassion sans attachement. En fait,
chacun de nous, tel le lotus, peut se dégager de la boue des illusions,
car chacun possède en soi la « Nature-de-Bouddha ». Pour parvenir à
l’Éveil, le chemin est long. Il passe par l’observation des dix vertus,
puis par la concentration dans la méditation, ou samâdhi. La compassion
véritable est le fruit de cette discipline et la source d’une paix
mondiale durable.
Le pari : « l’amour »
Au terme de l’émission, le Dalaï-Lama exprime son
espoir en l’être humain capable, s’il s’y efforce vraiment, de surmonter
les menaces qui guettent la planète et l’homme à l’aube du XXIe siècle.
Il n’y a qu’une seule option possible selon lui : « faire naître
l’harmonie entre les grandes traditions religieuses. » « La religion, et
les principales religions du monde, ont un avenir splendide si elles
collaborent au service de tous. »
Shin Shu, Pratiquant au dojo de Mons |