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Micro-Hebdo,
le magazine en ligne de l'UBE -
Université
Bouddhique Européenne, publie dans son n°85 d'août 2006 les
réflexions d'un végétarien sur le bouddhisme. Cette réflexion
fait echo au dossier publié en 1999 par l'association "Alliance
végétarienne".
Info
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Bouddhisme et végétarisme :
Un bouddhiste doit-il être végétarien ?
Réflexions d’un végétarien sur le bouddhisme
André
Méry
Un lien qui n’est
malheureusement pas
Ecrire sur le
Bouddhisme est toujours pour le néophyte un impressionnant
exercice. Car, avant de parler d’un sujet, il faudrait en
avoir dans l’esprit une image synthétique ; pouvoir en donner
en quelques phrases, en quelques mots peut-être, l’essentiel
de la substance, la graine, dont tout le reste, l’arbre des
multiples idées et conceptions, ne serait ensuite que le
développement. Mais qu’est-ce que la graine du Bouddhisme, si
vaste de conceptions et de développements ?
Compassion et
consommation
La première
découverte que fit l’auteur concernant les liens entre
végétarisme et Bouddhisme passa par la lecture d’un livre du
militant non-violent Lanza Del Vasto, fondateur des
Communautés de l’Arche, dans lequel celui-ci décrit son voyage
en Inde et sa rencontre avec Gandhi (note 2). Parlant de son
passage à Ceylan (l’actuelle Sri Lanka), Lanza Del Vasto écrit
son étonnement face à la casuistique locale :
[A Ceylan] j’ai
surpris un pêcheur au bord d’un lac si peuplé de tortues et de
poissons que les eaux en sont brunes. Je lui ai dit : «
N’êtes-vous pas un dévot du Bouddha ? Votre loi ne vous
défend-elle pas de manger de toute chair animale ? Comment
vous êtes-vous permis d’assassiner le poisson que voici ?
On ne saurait être
moins coupable... Ce passage, où l’auto-justification atteint
des sommets, me semble donner le ton d’une religion
pragmatique et multiforme où consommation et compassion font
bon ménage. On peut trouver de tout dans le Bouddhisme, du
refus absolu de tuer, à l’utilisation sans état d’âme des
animaux par complaisance gustative. Parler de Bouddhisme
n’évoque-t-il pas d’abord en effet l’idée de compassion envers
toute vie souffrante, telle, par exemple, qu’on la trouve
exprimée dans une prière attribuée à Shântideva (note 4) ? :
Que nulle créature
vivante jamais ne souffre,
Et pourtant, la
vie dans certains monastères japonais, telle qu’elle fut
décrite par Philip Kapleau (note 5) qui y reçut l’enseignement
du Zen, a de quoi laisser rêveur :
Bien qu’aucun des
monastères où j’ai été formé ne servît officiellement de la
viande, du poisson ou de la volaille, peu de moines s’en
passaient, même en étant dans leur période de formation. S’ils
ne recevaient pas de viande quand ils allaient demander
l’aumône ou qu’ils étaient invités par des fidèles, ils s’en
procuraient durant les absences de l’abbé. A ces moments-là,
un ou deux d’entre eux faisaient une quête parmi les moines,
puis prenaient leur vélo et se rendaient subrepticement en
ville pour y acheter les ingrédients nécessaires à leurs plats
carnés favoris (note 6).
Il semble bien
qu’il y ait là, comme le dit par ailleurs Philip Kapleau, « quelque chose de pourri au royaume de Magadha
(note 7)». Comment y voir plus clair dans ces attitudes
à l’opposé l’une de l’autre ?
Une
question de traditions ?
Est-ce qu’une clé
à ces oppositions ne résiderait pas dans la coexistence au
sein du Bouddhisme de deux grandes traditions, que je vais me
permettre de résumer ainsi ? :
Il n’est pas vrai
qu’il soit correct et permis de consommer de la viande quand
l’animal n’a pas été tué par [le moine] lui-même, ou quand il
n’a pas ordonné à d’autres de le tuer, ou quand cela n’a pas
été fait spécialement pour lui (...) Il pourra se trouver
certaines personnes dans le futur qui (...) sous l’influence
de l’attrait pour la viande, tresseront de diverses façons des
faisceaux d’arguments sophistiqués pour en justifier la
consommation (...) mais (...) consommer de la viande, quels
que soient la forme, la manière ou le lieu, est une fois pour
toutes et sans conditions, prohibé (...) Je ne l’ai permis à
personne, je ne le permets pas, je ne le permettrai pas
(...)(note 9)
Par contre, on
trouve le passage suivant dans le Majjhima-Nikâya (note 10),
théravadiste :
Je condamne la
consommation de viande en trois circonstances : si cela est
clair [que l’animal a été spécialement tué en vu de sa
consommation], soit parce qu’on l’a vu, soit parce qu’on l’a
entendu dire, soit parce qu’on est en droit de le soupçonner.
Et je le permets en trois circonstances : s’il n’y a aucune
preuve [que l’animal a été spécialement tué en vu de sa
consommation], soit parce qu’on ne l’a pas vu, soit parce
qu’on ne l’a pas entendu dire, soit parce qu’il n’y a aucune
raison de le soupçonner (note 11).
La différence est
on ne peut plus nette... On aimerait bien avoir une coupure
franche entre ces deux traditions ; l’une serait «
individualiste » et ne s’intéresserait qu’au chemin de
libération de chaque être humain en particulier, l’autre
serait « universaliste » et engloberait toutes les formes de
vie dans sa voie vers l’illumination. Les tenants de la
première seraient des omnivores impénitents, ceux de la
deuxième des végétariens conscients de la souffrance animale.
Mais, ici comme partout, le réductionnisme n’est qu’une vue de
l’esprit. Les monastères zen, de tradition Mahâyâna, ne sont
pas peuplés que de végétariens, et dans les monastères de
tradition Theravâda, les moines sont parfois végétariens. Ce
n’est certainement pas dans des antagonismes de traditions que
réside la non-superposition entre végétarisme et Bouddhisme.
Plutôt dans des antagonismes d’interprétations individuelles,
et des préférences accordées à la plus ou moins grande «
canonicité » de certains textes. Mais comment des paroles de
Bouddha pourraient-elles être plus ou moins canoniques ?
A-t-il dit des choses plus ou moins vraies ?
Une
question de discipline monastique ?
J’ai trouvé dans
le Theravâda qu’une grande importance était accordée à la
responsabilité directe dans l’acte : c’est le fait d’être à
l’origine d’une souffrance, ou de la perpétuer, ou d’en tirer
plaisir, qui est considéré comme répréhensible et entraînant
des conséquences négatives sur l’être. Mais si l’intention
n’est pas présente, la responsabilité n’est pas engagée (on a
vu plus haut l’exemple du pêcheur à la bonne conscience). En
voici pour preuve quelques sûtras tirés de divers recueils
(note 12) :
- Ô moines, la
violence contre les créatures, si on la poursuit, si on la
fait devenir, si elle vous tient à coeur, mène en enfer, à une
matrice animale, au royaume des trépassés (note 13).
Si ces textes du
Theravâda s’adressent à des moines, c’est parce que c’est
essentiellement pour eux que le problème se pose, et non pas
pour les simples laïcs. Dans cette tradition, en effet, telle
qu’elle est encore respectée dans certaines parties de l’Asie
du Sud-Est (en Birmanie, par exemple), les moines sont tenus
de mendier leur nourriture en signe d’humilité ; les fidèles
peuvent alors verser directement la nourriture qu’ils ont
préparée pour les moines dans leur bol à aumônes, ou bien les
inviter à manger chez eux (mais on a vu que dans certains cas
— monastères zen au Japon par exemple, cités par Kapleau —,
cette obligation de mendicité était aussi respectée dans la
tradition Mahâyâna). Dans un ouvrage très complet traitant de
l’ancienne tradition monastique, il est indiqué ainsi :
C’est très net. Le
moine ne devait manger que ce qui lui avait été donné. Il lui
était interdit de se procurer lui-même des aliments (...) En
matière de nourriture, le moine bouddhiste était totalement
dépendant des autres, tout comme un petit enfant. Pour avoir
sa nourriture, il disposait de deux moyens : aller de maison
en maison recueillir des aumônes ; aller manger chez les
fidèles laïcs l’ayant invité (note 16).
Je peux donc
admettre que si les règles de discipline de la vie monastique
de la Tradition des Anciens n’ont pas établi une interdiction
complète d’aliments carnés, c’est du fait de ce principe de
subsistance par aumônes. Dans ce cas, quoi qu’il mange, la
responsabilité directe du moine n’est pas engagée : il n’est
pas responsable de ce qu’on lui donne, dans la mesure où il ne
demande rien de précis ; il ne prive intentionnellement de vie
aucun être vivant. Évidemment, on peut se demander s’il est
bien raisonnable de laisser faire le laïc qui agit à sa
place... puisqu’il y a, lui, bien mis une intention. Mais
peut-être ce genre de raisonnement qui cherche à tout
décortiquer est-il trop occidental ? Il apparaît en tout cas
que de cette manière, le premier précepte bouddhiste, « ne pas
tuer », est compris dans le sens large de : « ne pas être la
cause directe de la mort d’un être vivant ». Dans cette
optique, le moine, bien qu’ayant toutes les raisons d’être
végétarien, est légitimement conduit à ne pas l’être,
puisqu’il dépend d’un entourage moins évolué que lui en
conscience :
Puisqu’il est
impossible de manger des animaux sans leur faire violence, le
bouddhiste doit être végétarien. Mais s’il est un moine, qui
mendie sa nourriture en faisant le tour d’un village de maison
en maison, et si ce village est habité par des non-végétariens,
il rencontre de sérieuses difficultés. Afin de montrer qu’il
n’est pas attaché à la nourriture, il est invité à manger tout
ce qui est versé dans son bol ; le Vénérable Pindola a été
donné en exemple à l’admiration de la postérité pour avoir
tranquillement mangé le pouce d’un lépreux, qui était tombé
dans son bol. La discipline monastique serait sapée si les
moines se mettaient à picorer des aliments choisis (note 17).
Pourtant, à ce
qu’il me semble, les considérations de ce genre n’ont pas été
acceptées sans réticences ; certains, dès les premiers temps
du Bouddhisme, n’ont pas trouvé que la discipline monastique
soit incompatible avec le végétarisme. N’aurait-il pas suffi,
en effet, de faire savoir aux laïcs que le Bouddhisme
requérait le végétarisme de la part des moines ? Par souci
d’humilité, devait-on accepter le meurtre animal ? N’aurait-il
pas mieux valu éduquer les laïcs par un comportement sans
compromission sur le principe de ne pas tuer ?
L’histoire a
retenu le nom de Devadatta, un cousin du Bouddha et l’un de
ses disciples, qui voulut à plusieurs reprises imposer une
plus grande rigueur à la communauté des moines, en particulier
sur la question du végétarisme ; ‘Devadatta’ n’est peut-être
qu’un nom commun pour désigner les tendances pro-végétariennes
qui, selon ce qu’en dit la tradition théravadique, ont été
combattues par le Bouddha lui-même :
La proposition de
Devadatta* d’établir une règle de « végétarisme absolu » pour
la Communauté ne fut pas acceptée par le Maître. Une règle
aussi extrémiste aurait mis en difficulté les moines et les
moniales qui allaient recueillir des aumônes dans des villes
et des villages étrangers** . Le Maître l’a expliqué à
l’encontre de la suggestion de Devadatta : si le moine qui a
reçu de la viande et le donateur qui la lui a donnée n’ont pas
de responsabilité dans l’abattage, s’ils ne savent rien de cet
abattage, s’ils n’ont pas entendu parler de l’abattage, cette
viande est pure*** . Manger cette viande n’est donc pas une
faute. Le bouddhiste considère la question objectivement. Il
examine s’il y a relation entre l’abattage de l’animal et la
personne qui consomme la viande. S’il n’y a aucune relation
directe ou indirecte, manger de la viande n’est pas une faute
pour le moine. C’est pour cela qu’il n’y a pas d’interdiction
totale de manger de la viande dans le Bouddhisme monastique
(note 18).
* Devadatta finit
par devenir de plus en plus extrémiste et abandonna finalement
le Bouddha, non sans avoir tenté à trois reprises de
l’assassiner pour prendre la tête du mouvement (Môhan
Wijayaratna, op. cit., note p. 59). Reconnaissons que ce n’est
certes pas le meilleur exemple de végétarisme...
Un moyen pourtant
pas très juste...
Pour un
végétarien, le type de raisonnement ci-dessus est purement
spécieux, même avec tout le respect que l’on doit au Bouddha.
Car on sait bien que :
Les « moyens
d’existence justes » : cela signifie qu’on devra s’abstenir de
gagner sa vie dans une profession nuisible aux autres, comme
le commerce des armes et instruments meurtriers, le commerce
des boissons enivrantes et des poisons, la mise à mort des
animaux, tricher, etc..., et que l’on doive vivre d’une
profession honorable, irréprochable, et qui ne puisse pas
nuire aux autres. Il est donc clair que le Bouddhisme s’oppose
fermement à toute forme de guerre puisqu’il pose comme
principe que le commerce des armes ou d’instruments meurtriers
est un moyen d’existence mauvais et injuste (note 19).
J’aurais bien
envie d’ajouter : « il est donc clair que le Bouddhisme
s’oppose fermement à toute forme d’alimentation carnée,
puisqu’il pose comme principe que la mise à mort d’animaux est
un moyen d’existence mauvais et injuste »... Force m’est
pourtant de constater que cette implication est loin d’être
une caractéristique du monde bouddhiste réel.
Des modifications
délibérées ?
Mais la tradition
Mahâyâna, elle, nous offre l’image d’une considération
inconditionnellement étendue à tout ce qui vit. Cela ne
serait-il que le résultat d’élucubrations philosophiques
récentes, sans grand rapport avec le pragmatique message
initial du Bouddha ?
Une question
demeure. Comment ces mots attribués au Bouddha ont-ils pu
entrer dans le canon Theravâda ? La réponse est simple : ce
sont les moines et les scribes attachés à la consommation de
la viande qui les y ont introduits. (...) Pendant au moins un
siècle après la mort du Bouddha, les discours, dialogues,
règles, histoires, etc., furent transmis oralement. (...)
Peut-on douter que pendant toute cette période, les paroles du
Bouddha — ou celles qui lui étaient attribuées — furent
augmentées, réduites, réécrites, recopiées, et arrangées pour
convenir aux goûts, aux inclinations et aux interprétations
des anciens des diverses écoles qui prirent part à ce
processus de longue haleine ? (...) Ce fut plus un accident de
transmission historique qu’autre chose qui rend compte du fait
que le canon Theravâda nous soit seul parvenu dans son
intégralité (note 20).
Un résultat
finalement frustrant
Bien sûr, la
preuve absolue de l’authenticité de telle ou telle parole du
Bouddha restera toujours hors de portée ; chaque bouddhiste
restera donc toujours libre, selon ses inclinations, d’être
végétarien ou pas. On ne peut que constater actuellement que
les bouddhistes choisissent ou non de manger de la viande
suivant les écritures auxquelles ils attachent une valeur
particulière de vérité ou qu’ils considèrent nécessaires à
leurs pratiques. Les écoles théravadistes m’apparaissent
plutôt portées à ne pas se poser de question à ce sujet, les
écoles mahayanistes plutôt portées au respect compassionnel de
toute vie, donc au végétarisme. Mais la frontière passe entre
les individus, entre les écoles locales, et peut fluctuer au
gré des circonstances, en suscitant, ce qui apparaît positif,
des discussions passionnées entre partisans et les adversaires
de l’alimentation carnée. On sait que la viande, le sang, et
les notions adhérentes de force, d’énergie vitale, de pouvoir
sur la vie, sont des symboles si ancrés dans l’espèce humaine
qu’il y a toujours moyen de justifier leur manipulation. J’ai
été surpris de noter par exemple que dans la constellation
bouddhiste, la tendance dite « tantrique (note 21) »,
rencontrée principalement au Tibet et dans l’école Shingon
au Japon, ne fait pas dans la finesse végétarienne :
La controverse au
sujet de la viande fait encore rage dans les milieux
bouddhistes. J’ai participé, il y a de cela quelques années, à
une réunion où quelqu’un demanda à Sa Sainteté le Dalaï-lama
comment il pouvait manger de la viande. (La plupart des
Tibétains sont carnivores, ce qui leur a permis de survivre
dans les conditions hostiles de Toit du Monde.) Il répondit
qu’être végétarien était sans aucun doute la meilleure
solution. Lui-même avait essayé pendant deux ans, mais, ayant
connu des problèmes de santé importants, il s’était rangé au
conseil de ses médecins de manger de la viande (note 22).
Pour un végétarien
convaincu, constater que le végétarisme est loin d’être un
aspect typique du Bouddhisme dans son ensemble est une
situation plutôt frustrante. Religion ou philosophie — peu
importe — le Bouddhisme semble a priori aussi sensible au
vivant, qu’accepter la mort d’animaux pour se nourrir ne
devrait être le fait que de circonstances exceptionnelles
fondées sur la nécessité, comme vivre dans une région où
l’agriculture serait insuffisamment développée, ou bien dans
un milieu où l’alimentation à base végétale serait
déséquilibrée. Apparemment, cela n’est pas le cas.
Là-dessus, on est
arrivé à un compromis et, dans la pratique réelle, les
bouddhistes qui prennent leur religion avec sérieux évitent de
manger de la viande à moins qu’ils ne soient contraints de le
faire (note 23).
Loin de moi l’idée
de soupçonner le Dalaï-lama de ne pas prendre sa religion au
sérieux, et je veux bien croire que les problèmes de santé
aient constitué pour lui une réelle contrainte ; mais
lorsqu’on sait que l’alimentation végétarienne est justement
reconnue de par le monde comme un facteur bénéfique pour la
santé, qu’elle peut être suivie du nourrisson au vieillard en
passant par la femme enceinte, et que de nombreux sportifs de
haut niveau sont végétariens, on se dit que l’alimentation de
base doit être dans certains bien déséquilibrée pour qu’on
soit obligé d’avoir recours à la viande pour retrouver la
santé... on voit bien que c’est dans un apport nutritionnel
insuffisant que gît le problème. Par contre, dans les pays
occidentaux où le Bouddhisme se répand de plus en plus, cette
question ne devrait plus avoir lieu d’être. Et pourtant, là
encore, végétarisme et Bouddhisme ne font pas bon ménage.
Epilogue
Finalement, au
terme de ce survol, qui n’est qu’une réflexion sur le
Bouddhisme d’un point de vue végétarien, et ne prétend pas à
la profondeur d’une analyse, l’auteur est bien forcé de faire
un constat d’échec : je ne comprends pas comment, dans le
cadre du Bouddhisme, on peut encore de nos jours justifier la
perpétuation du meurtre animal pour l’alimentation carnée.
Certes, mon intelligence constate que des raisons
contraignantes sont avancées : contraintes de comportement
(l’aumône des moines...), d’environnement (les hauts plateaux
tibétains...), d’alimentation (déséquilibres alimentaires...),
d’écritures (le Bouddha aurait dit...) ; mais mon coeur doute
que la sortie du samsara puisse être obtenue en acceptant
passivement que des contraintes — peut-être incontournables à
certaines époques — continuent à être subies comme si elles
étaient fixées pour l’éternité. Cela ne me paraît pas conforme
à l’ouverture d’esprit du Bouddhisme.
NOTES
(1) Je veux dire
par là qu’il est plus facile de théoriser sur la non-violence,
la compassion, et la volonté de ne nuire en aucune
circonstance, que de mettre ces préceptes en pratique ; la
théorie vient de l’ouverture de l’esprit, la mise en pratique
vient de l’ouverture du coeur.
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La dernière mise à jour de cette page date du 29/11/06