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Maître Kôdô Sawaki
Kôdô Sawaki est né dans une famille aisée
près de Ise Shrine en 1880. A la mort de ses parents, il est recueilli
par un ami de son oncle, Sawaki Monchiki. A treize ans, Kôdô Sawaki doit
se mettre à travailler pour survivre. Habitant alors dans un quartier
louche, il devient guetteur à la solde des joueurs. Ayant assisté à la
mort d'un vieil homme dans une maison close, il prend conscience de
l'impermanence de la vie et du non-sens d'une telle mort. Choqué, il
prend en horreur sa manière de vivre et s'engage sur la voie du
bouddhisme. Il fréquente un temple shinshu avant de découvrir le zen.
Sans le sou et sans relations, Kôdô Sawaki a seize ans lorsqu'il se rend
à pied au temple de Eihei-ji. Les moines, ne le connaissant pas, le
prennent pour un vagabond et refusent de le recevoir. Sans se
décourager, il insiste jusqu'à ce qu'on l'accepte comme serviteur, mais
il ne peut être ordonné moine. Il reste plusieurs années à Eihei-ji
avant de reprendre sa route. Son chemin croise celui de Maître Sawade
Koho Osho, qui l'ordonne. Plus tard, Kôdô rencontre un autre maître,
Fueoka Sunum Osho. Celui-ci lui apprend le zazen juste : ne rien
rechercher, pas même le satori. Simplement s'asseoir en zazen. La guerre
les sépare. Kôdô est envoyé au front où il est grièvement blessé. Laissé
pour mort, il est jeté dans un charnier où il passe plusieurs jours
avant d'être découvert et renvoyé au Japon comme blessé de guerre. Après
cinq années d'interruption, il revient à l'étude du bouddhisme, sans
jamais négliger zazen et le Shôbôgenzô. Suite à cela, il occupe diverses
fonctions dans plusieurs monastères avant de devenir éducateur de zazen
à l'université de Komasawa, puis godo du temple Soji-ji en 1935. C'est à
cette époque qu'il rencontre Taisen Deshimaru, qui devient son disciple.
C'est après la guerre que Kôdô Sawaki commence à être connu au Japon.
Organisant de nombreux camps d'été et sesshin, donnant de nombreuses
conférences et participant à la fondation de nombreux dojos, il répand
son enseignement aux quatre coins du Japon, aidé dans sa mission par
quelques fervents disciples, dont Taisen Deshimaru. Il enseigne sans
établir de distinction entre moines et laïcs, riches et pauvres, se rend
aussi bien dans les universités que dans les prisons, dans les villes
que dans les villages de pêcheurs. Il apporte alors un souffle nouveau
au zen moribond en réintroduisant la pratique universelle de zazen, qui
a pratiquement disparu à cette époque. A l'âge de 86 ans, Kôdô Sawaki
tombe gravement malade. Sur son lit de mort, il remet à Taisen Deshimaru
ses kesas et ses bols, et lui demande de lui succéder. Il meurt en
décembre 1966.
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